Le Tesla Cybertruck, ce pick-up électrique au design futuriste, fait sensation depuis son annonce en 2019. Ayant récemment eu l’occasion de l’essayer lors du CES de Las Vegas, je peux enfin partager mon expérience au volant de ce véhicule hors-norme. En tant que passionné d’automobile, j’étais impatient de découvrir ses performances et surtout son système de conduite autonome tant vanté par Elon Musk.
Un design qui ne laisse pas indifférent
Dès le premier regard, le Cybertruck impressionne par ses lignes anguleuses et sa carrosserie en acier inoxydable. Mesurant 5,68 mètres de long pour 2,41 mètres de large, ce mastodonte ne passe pas inaperçu dans les rues de Las Vegas. J’ai été frappé par la curiosité qu’il suscite encore, même un an après sa commercialisation aux États-Unis.
Le design clivant du Cybertruck semble être sa principale force de vente. Lors de mon passage à l’académie des ventes de BMW, on nous enseignait l’importance du style dans le choix d’un véhicule. Ici, Tesla pousse le concept à l’extrême, créant un objet qui attire autant qu’il divise.
L’intérieur du véhicule m’a rappelé celui des Model S et X, avec quelques particularités :
- Un immense écran tactile central de 17 pouces
- Un pavillon en matériau similaire à l’Alcantara
- Des montants très rectilignes accentuant l’aspect géométrique
D’un autre côté, j’ai noté quelques imperfections d’assemblage, notamment au niveau du plafonnier, ce qui m’a surpris pour un véhicule de ce prix.
Une conduite déconcertante
Prendre le volant du Cybertruck est une expérience unique. La première chose qui m’a frappé est la direction « steer-by-wire ». Cette technologie, sans liaison mécanique entre le volant et les roues, offre une réactivité surprenante. En tant qu’amateur de voitures sportives, j’ai été déconcerté par la rapidité de la direction sur un véhicule de près de 3 tonnes.
Le petit volant « squircle » (carré aux angles arrondis) demande un temps d’adaptation. Sa sensibilité extrême m’a fait sur-braquer plusieurs fois avant de m’y habituer. Cette conception vise à ne jamais dépasser un demi-tour de volant, même dans les virages serrés.
Les performances du Cybertruck sont impressionnantes pour sa catégorie :
| Caractéristique | Valeur |
|---|---|
| Accélération 0-100 km/h | 4,3 secondes (estimation) |
| Puissance | Plus de 600 chevaux |
| Poids | 2 995 kg (version All Wheel Drive) |
Malgré ces chiffres, l’accélération m’a semblé moins brutale que celle d’une Model S, probablement en raison du poids supérieur. Le mode « one-pedal », permettant de conduire principalement avec l’accélérateur, est similaire à celui des autres Tesla.

Le système de conduite autonome : entre fascination et inquiétude
Le « Full Self Driving » (FSD) de Tesla est l’un des aspects les plus controversés du Cybertruck. Ce système, actuellement disponible uniquement aux États-Unis, promet une conduite « quasiment » autonome. Pendant mon essai, j’ai pu l’expérimenter sur les larges avenues de Las Vegas.
Le FSD m’a impressionné par sa capacité à :
- S’arrêter et redémarrer aux feux rouges
- Négocier des virages à 90 degrés
- Suivre les voies sans erreur apparente
Par contre, mon enthousiasme a été tempéré par un incident inquiétant. En plein virage, le système s’est désactivé brusquement, laissant le véhicule s’immobiliser au milieu de la voie. Cette expérience m’a rappelé l’importance de rester vigilant, même avec les technologies les plus avancées.
Il est intéressant de noter que le FSD est toujours considéré comme un système d’aide à la conduite de niveau 2. Contrairement aux systèmes de niveau 3 comme celui de Mercedes, il n’exonère pas le conducteur de sa responsabilité. Tesla recommande d’ailleurs de garder les mains sur le volant à tout moment.
Un véhicule d’avenir ou un concept prématuré ?
Après cet essai, je reste partagé sur le Cybertruck. D’un côté, son design audacieux et ses technologies de pointe en font un véhicule captivant. De l’autre, certains aspects comme la fiabilité du FSD et son utilité en tant que véhicule utilitaire soulèvent des questions.
Les premiers retours des clients américains semblent indiquer que le Cybertruck est davantage utilisé comme une voiture de prestige que comme un véritable pick-up. Cette tendance pourrait expliquer pourquoi les ventes ne sont pas à la hauteur des attentes initiales de Tesla.
En tant que professionnel de l’automobile, je ne peux m’empêcher de penser que le Cybertruck pourrait influencer le design des futurs véhicules électriques. J’ai déjà remarqué des approches similaires chez d’autres constructeurs comme Jaguar ou Honda.
Finalement, le Cybertruck représente un pari audacieux de Tesla. Son succès à long terme dépendra de l’amélioration continue de ses technologies, notamment le FSD, et de sa capacité à convaincre au-delà du cercle des premiers adoptants enthousiastes.